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Le campus de Belle-Beille à Angers se chauffe au bois !

Depuis Noël, les bâtiments universitaires sont raccordés à la nouvelle chaufferie biomasse du quartier Belle-Beille. C’est l’une des mesures prises par l’Université d’Angers pour faire baisser ses consommations d’énergie et améliorer son bilan carbone. Le campus porte encore les stigmates du chantier. Après presqu’un an de travaux, le nouveau réseau de chaleur de Belle-Beille s’apprête à être mis en fonction. Les derniers tests sont en cours sur la nouvelle chaufferie sortie de terre rue Fleming.

L’investissement d’un montant de 17 millions d’euros est alimenté essentiellement en bois local (12 000 tonnes par an, surtout des déchets de l’industrie forestière et des taillis agricoles). « Les chaudières bois représenteront 85 à 87 % de notre production, explique Jean-Marc Verchère, adjoint au maire et président d’Alter services, le gestionnaire de la nouvelle structure. En complément, nous avons prévu deux chaudières à gaz, pour faire face aux périodes de pics de consommation »

*photo Atlanbois – Chaufferie de Belle-Beille

90 000 m2 desservis

La chaleur est distribuée par un réseau d’eau chaude de 15 km connecté aux habitats collectifs (1 100 logements) et aux différents équipements du quartier. À commencer par l’Université d’Angers. Ses 90 000 m2 de locaux (sur 160 000 au total) absorberont un quart de la production.

Depuis le 15 décembre 2017, l’Istia, la Faculté des lettres, langues et sciences humaines, la BU, la Maison de la recherche Germaine-Tillion, et une partie de la Faculté des sciences sont desservies. Pour les usagers, la bascule est transparente. Les autres entités suivront rapidement (IUT, Passerelle, Suaps, Maison de la recherche en végétal).

Christian Roblédo et Jean-Marc Verchère ont signé l'accord le 6 décembre 2017
« C’est une nouvelle étape qui débute et qui concrétise le travail engagé par l’UA et ses partenaires pour que ce réseau de chaleur voit le jour »,
 s’est félicité le président de l’université Christian Roblédo, le 6 décembre, lors de la signature officielle du contrat d’adhésion au réseau. « Ce projet va permettre de diminuer notre dépendance aux énergies fossiles, d’être moins vulnérable à l’augmentation du prix du gaz et d’améliorer notre bilan carbone », s’est réjoui Stéphane Amiard, vice-président Numérique et patrimoine de l’UA.

Une initiative de l’UA

L’idée de ce réseau a vu le jour à l’UA, dès 2010, notamment sous l’impulsion « du regretté Gérard Moguedet », alors 1er vice-président de l’UA, passionné d’environnement. L’établissement cherchait à l’époque un mode de production d’énergie durable et un moyen de faire face à un parc de chaudières vieillissantes. Souhaitant ne pas partir seule dans un projet coûteux, l’université a créé un groupement avec Agrocampus, l’Inra, le Département et le Crous. À partir de 2011, la Ville puis l’Agglo ont porté le dossier qu’elles ont replacé dans le projet plus global de rénovation urbaine du quartier.

Le nouveau réseau de chaleur symbolise les efforts engagés depuis une décennie par l’UA pour réduire son empreinte environnementale. À travers une « charte énergie », « nous nous sommes fixés des objectifs ambitieux, rappelle Christian Roblédo : réduire de 40 % nos consommations d’ici 2020, et de 50 % nos émissions de gaz à effet de serre. Le réseau de chaleur qui se met en place contribuera à la réalisation de ces objectifs ». L’intérêt est à la fois citoyen et économique : la facture de chauffage de l’UA (2,3 millions d’euros par an actuellement) devrait baisser de 100 000 euros.

Agir pour la transition énergétique

En 2016, l'amphi A de la Faculté des lettres, langues et sciences humaines a été ré-isolé par l'extérieur
Meilleures isolations, constructions de bâtiments basse consommation, remplacement des éclairages classiques par des LEDs… l’UA a multiplié les initiatives ces dernières années. À partir de mai 2018, un audit énergétique sera mené. Il permettra de mieux cerner les forces et faiblesses de l’établissement, et de dessiner des scénarios conduisant à de nouvelles économies.

Seules, les mesures techniques ne suffiront pas. C’est pourquoi l’UA s’est lancée dans une démarche de certification ISO 50001 et déploie actuellement un système de management de l’énergie. Cette méthode collective et participative d’amélioration continue vise à agir sur tous les leviers : nouvelles technologies, mais aussi politique d’achat, implication des usagers… « Cela a été prouvé dans d’autres universités, rappelle Stéphane Amiard : il est possible de réduire de 15 à 20 % la consommation lorsque les usagers adoptent certains gestes pratiques ».


Publié le : 15 janvier 2018