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Portrait d'adhérent du

L’ACEP49 engagée dans une démarche de maîtrise de l’énergie !

Ce mois-ci nous nous sommes intéressées à l’association ACEP49 (Association des Centres hospitaliers locaux et Ehpad Publics du 49), adhérente d’ORACE depuis 2016 et impliquée dans une démarche de maîtrise de l’énergie. Francois LE GUILCHER, Ingénieur Développement Durable nous présente la structure et sa démarche.

 Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter puis votre entreprise ?

François LE GUILCHER

Ingénieur généraliste ENSIP avec une spécialisation en Thermique, j’ai travaillé 7 ans à l’ADEME en tant qu’ingénieur référent sur les Energies Renouvelables et les Bâtiments performants à Nantes puis sur des missions stratégiques liées au changement climatique au siège de l’ADEME à Angers. Je suis aujourd’hui Ingénieur Développement Durable à l’ACEP 49  où je travaille à construire et coordonner la démarche de Management de l’énergie à l’échelle d’une cinquantaine de sites sur le département du Maine-et-Loire.

Mon poste actuel à l’ACEP 49 s’est construit sur la base d’une rencontre avec le président de l’ACEP 49 en 2015, directeur d’un Centre Hospitalier Local, qui cherchait depuis un certain temps à mieux maîtriser ses consommations d’eau et d’énergie et à mieux gérer ses déchets sur son établissement, et à mon souhait de travailler dans le secteur médico-social. Depuis quelques années, j’avais en effet pu me rendre compte du potentiel important d’économie d’énergie et du potentiel particulier du développement des énergies renouvelables qu’il y a à faire dans ce secteur. J’avais à cœur de convaincre un groupe d’établissements qu’il y avait une pertinence financière et sociétale à créer sur un tel poste.

A quel moment vous êtes-vous intéressé à votre consommation énergétique ?

Personnellement, cela fait longtemps que j’ai identifié le décalage entre les consommations énergétiques du secteur médico-social et le niveau de compétence et de maturité sur ce sujet.

Il y a forcément une hétérogénéité, mais globalement, les directions d’établissements ont commencé à regarder de plus près les dépenses liées à l’énergie et à la maintenance depuis qu’ils doivent faire face à des restrictions budgétaires importantes, c’est-à-dire progressivement ces dernières années. Dans un EHPAD, 75% du budget environ, ce sont des salaires, et personne n’a envie de supprimer des postes, donc il faut trouver des marges de manœuvre ailleurs.

Quelles actions avez-vous réalisés dans le cadre de votre démarche de maîtrise de l’énergie ?

Evidemment, la première démarche, particulièrement innovante pour ce secteur, a été la création de mon poste. Ce n’est pas si évident, car sur une cinquantaine de sites, il y a plus de 20 entités juridiques distinctes et donc autant de structures à convaincre pour démarrer.

2016 a été une année de structuration des liens de confiance, de bilan des consommations énergétiques et d’eau de chaque site, d’un premier benchmark des établissements sur une dizaine d’indicateurs liés à l’énergie et à l’eau et enfin de l’écriture d’un projet collectif structuré.

2017, c’est l’année de lancement officiel de la démarche de Management de l’Energie. Chaque établissement vient de signer une charte avec des objectifs généraux partagés, de nommer des référents Energie sur chaque site, et nous allons construire les premiers plans d’actions individualisés sur 2017-2018.

Ce qui fonctionne d’ores et déjà vraiment bien, c’est la possibilité pour les établissements de se comparer entre eux pour détecter d’éventuelles dérives et aussi les points forts.

Quelles sont vos ambitions et projets en matière d’énergie pour les années à venir ?

La première des ambitions pour moi, c’est que chaque direction s’approprie l’Identité Energétique de son établissement. Autrement dit, qu’elle comprenne où sont ses propres enjeux, où peut-elle agir et où a-t-elle intérêt d’agir au regard de ses orientations stratégiques. Pour convaincre la direction, il vaut mieux des choses factuelles, donc de la mesure précise, donc un plan de comptage.

La deuxième ambition pour moi, c’est de rendre visible les externalités positives que revêtissent bon nombre d’actions de maîtrise de l’énergie intégrées dans une démarche structurée, évaluée et positive. Une telle démarche peut avoir des effets sur la motivation des salariés, sur l’absentéisme, sur les relations avec le territoire, sur l’économie et l’emploi local, sur l’image des établissements, mais aussi sur des sujets géostratégiques et planétaires.

La troisième ambition, c’est de porter des actions de maîtrise de l’énergie efficaces, ambitieuses, pérennes, collectives quand c’est possible. Cela passera forcément par une adhésion et une dynamique collective portée par certains salariés et par les directions, mais aussi par des investissements bien réfléchis et ciblés dans la réduction des besoins énergétiques et le développement des énergies renouvelables.

La quatrième ambition, c’est d’accompagner les projets de reconstruction, restructuration de bâtiments, où il y a selon moi une énorme marche à franchir pour être mieux conseillé, pour mieux préciser notre besoin, pour obtenir des bâtiments réellement plus performants et aussi plus simples et adaptés en terme d’exploitation.

La cinquième ambition, c’est de contribuer à rendre visible la capacité d’innovation du secteur médico-social public, qui souffre souvent d’une mauvaise image alors qu’il bouge, qu’il innove, qu’il s’améliore en continue avec des principes altruistes et solidaires. J’espère bien que nous réussirons à le démontrer, à travers cette démarche de management de l’énergie.

Pourquoi avez-vous adhéré à ORACE ?

Je pense que nous avons beaucoup à gagner à partager des expériences entre le secteur public et le milieu industriel, et de manière générale à diversifier notre réseau professionnel pour s’enrichir des réussites et échecs d’autres secteurs d’activité. L’ORACE Energie Tour du 5 avril l’a montré.

Par ailleurs, nous avons nous même des équipements semi-industriels, je pense notamment aux blanchisseries, aux cuisines, aux groupes électrogènes ou encore aux équipements techniques de chauffage et de ventilation.

Chez ORACE, je viens donc chercher le réseau, la veille, les retours d’expériences ainsi que la dynamique et les bonnes idées de l’équipe d’ORACE. Et clairement aujourd’hui j’y trouve mon compte même si tout n’est pas ciblé ni sur le secteur public ni sur le secteur médico-social.

Je viens aussi à ORACE pour contribuer, car certaines de nos expériences et initiatives peuvent aussi, je pense, intéresser d’autres acteurs.


Publié le : 16 mai 2017